A l’est du Tchad, le choléra continue de se propager

A l’est du Tchad, le choléra continue de se propager

Mercredi 6 septembre 2017 — N’Djamena, Tchad – Au côté du ministère de la Santé publique, Médecins Sans Frontières (MSF) fait face à une flambée de choléra dans l’est du Tchad, où le début de réponse à l’urgence a été freiné en raison notamment de difficultés d’accès, du manque d’infrastructures de santé et de personnel formé à la prise en charge de la maladie. Aujourd’hui, l’épidémie continue de se propager.

Le premier cas suspect de choléra a été enregistré le 14 août dans le district sanitaire de Koukou, dans la région Sila, proche de la frontière soudanaise. Pour l’instant, 176 cas ont été recensés dans les unités de traitement. On compte 22 décès à ce jour tandis que la maladie se propage, atteignant désormais neuf villages et en menaçant d’autres.

Bien que légèrement en baisse depuis le début de l’épidémie, le taux de mortalité demeure important : il se situe à 16.1% aujourd’hui. Le nombre de cas pourrait néanmoins varier considérablement dans les semaines à venir, rendant toute conclusion trop hâtive. Des efforts conjoints de tous les acteurs impliqués de près ou de loin dans la prise en charge de l’épidémie sont en tout cas plus que jamais nécessaires.

L’équipe de réponse aux urgences de MSF au Tchad (CERU) s’est rapidement rendue à Koukou afin d’enquêter sur les premiers cas suspects, ce qui a abouti à l’établissement d’unités de traitement de choléra dans deux des villages présentant le plus de cas. Cette équipe a établi également un système de  surveillance épidémiologique, de sensibilisation à la promotion de l’hygiène et d’activités de traitement d’eau. La menace d’éventuelle propagation du choléra à d’autres villages, ainsi qu’au camp de réfugiés Goz Amir peuplé de 33.000 réfugiés soudanais, demeure un sujet d’inquiétude. 

Difficultés de traitement et d’accès

Soutenue par MSF, l’unité de traitement du choléra du village de Marena a été la première à soigner les patients atteints par la maladie. Malgré leur nombre décroissant aujourd’hui, le flux y reste régulier. La situation s’est avéré plus précaire dans une seconde unité de traitement situé dans la zone de responsabilité de Dogdoré. Avant l’arrivée de MSF, les malades de cette unité étaient pris en charge par le seul infirmier responsable du centre de santé de Dogdoré.

L’accès à Dogdoré a été particulièrement ralenti par les wadis (fleuves et rivières) en raison des pluies diluviennes. Leur débordement a empêché à plusieurs reprises l’accès des équipes et du matériel au site du centre de santé.

Prise en charge et prévention

Les activités de MSF visent à prendre médicalement en charge les cas suspects de choléra dans les unités de traitement spécifiques. Pour enrayer la propagation de la maladie, MSF sensibilise aussi les communautés sur l’importance d’utiliser de l’eau traitée au chlore et sur la promotion de l’hygiène et du lavage des mains avec du savon. Les activités de traitement d’eau (le traitement des points d’eau avec du chlore), la distribution du savon, ainsi que la réparation des puits et des pompes à motricité manuelle font aussi partie du paquet nécessaire à la prévention de la maladie. Des points de réhydratation orale seront prochainement mis en place dans de nombreux endroits stratégiques selon les besoins médicaux.

Crédits photo: Jean-Pierre Amigo