Grèce : des restrictions de mouvements injustifiées sur les îles

Grèce : des restrictions de mouvements injustifiées sur les îles

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Les mesures de confinement liées au Covid-19 ont eu un impact sur la vie de chacun et ont généré des niveaux de stress et d'anxiété croissants pour beaucoup d'entre nous. Cependant, les restrictions de mouvement imposées dans des endroits comme les camps de réfugiés de Moria ou Vathy, sur les îles grecques, se sont avérées toxiques pour les milliers de personnes qui y sont confinées.

Lorsque les premiers cas de COVID-19 se sont manifestés en Grèce, plus de 30 000 demandeurs d'asile et migrants étaient enfermés dans les centres d'accueil des îles grecques dans des conditions épouvantables, sans accès aux soins de santé réguliers ou aux services de base.

Depuis mars 2020, des restrictions de mouvements ont été mises en place par le gouvernement grec en réponse à la pandémie de Covid-19. Ces restrictions obligent les personnes qui y vivent à rester enfermées dans des conditions déplorables. Une mesure injustifiée selon Médecins Sans Frontières, qui la dénonce.

Malgré le fait qu'il n'y ait eu aucun cas de COVID-19 dans aucun des centres d'accueil des îles grecques et que la vie soit revenue à la normale pour la population locale comme pour les touristes, ces mesures discriminatoires à l'égard des demandeurs d'asile et des migrants continuent d'être prolongées toutes les deux semaines.

Aujourd'hui, ces hommes, femmes et enfants continuent d'être enfermés, dans des conditions désastreuses, ce qui entraîne une détérioration de leur santé médicale et mentale.

"Les tensions ont augmenté de façon spectaculaire et il y a beaucoup plus de violence depuis le confinement, et le pire, c'est que même les enfants ne peuvent plus y échapper", explique Mohtar, le père d'un patient de la clinique de santé mentale pour enfants de MSF. "La seule chose que je pouvais faire avant pour aider mon fils était de l'emmener loin de Moria ; pour une promenade ou pour nager dans la mer, dans un endroit calme. Aujourd’hui, nous sommes pris au piège".

MSF ne peut rester silencieux face à cette discrimination flagrante car la restriction de mouvement imposée aux demandeurs d'asile réduit considérablement leur accès, déjà limité, aux services de base et aux soins médicaux. Dans la phase actuelle de l'épidémie de Covid-19 dans le pays, cette mesure est absolument injustifiée d'un point de vue de santé publique - elle est discriminatoire envers les personnes qui ne représentent pas un risque et contribue à leur stigmatisation, tout en les mettant encore plus en danger.

"Les restrictions de mouvement des migrants et des réfugiés dans le camp ont eu des conséquences dramatiques sur la santé mentale de mes patients", explique Greg Kavarnos, psychologue à la clinique MSF de Lesbos. "Si vous et moi étions stressés et facilement irrités alors que nous étions confinés chez nous, imaginez ce que ressentent les personnes qui ont vécu des expériences très traumatisantes maintenant qu'elles doivent rester enfermées dans un camp comme Moria - un endroit où elles ne peuvent pas trouver la paix, où elles ne peuvent pas trouver un espace privé et où elles doivent faire la queue pour de la nourriture, des toilettes, de l'eau, pour tout".

Le Covid-19 ne doit pas être utilisé comme un outil pour détenir les migrants et les réfugiés. Nous continuons à demander l'évacuation des personnes, en particulier celles qui appartiennent à des groupes à haut risque pour le Covid-19, des centres d'accueil vers des logements sûrs. Les conditions dans ces centres ne sont pas acceptables en temps normal, mais elles sont devenues des foyers de violence, de maladie et de misère encore plus périlleux lorsque les personnes ne peuvent pas se déplacer en raison de restrictions arbitraires.

 

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Djann Jutzeler Communications Officer, Médecins Sans Frontières
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Médecins Sans Frontières (MSF) est une organisation médicale indépendante et neutre. Ses missions visent à porter secours aux populations dans le besoin, victimes de catastrophes naturelles comme de conflits armés – indépendamment de leur appartenance ethnique, religieuse ou de leur engagement politique.

En 1999, MSF se voit attribuer le prix Nobel de la Paix.