MSF demande de l’aide pour enrayer la flambée d’Hépatite E à Am Timan

Jeudi 9 février 2017 — N’djamena, Tchad / Genève, Suisse

Une épidémie d’hépatite E s’étend à Am Timan, dans la région de Salamat dans le sud-est du Tchad, déclare aujourd’hui l’organisation médicale humanitaire internationale Médecins Sans Frontières (MSF).

Depuis septembre 2016, MSF a soigné 885 patients présentant des symptômes de jaunisse aigue (AJS). Les admissions sont en hausse, avec désormais une soixantaine de nouveaux cas par semaine. L’AJS, généralement à l’origine du jaunissement de la peau et des yeux, peut indiquer une hépatite. À ce jour, 70 patients confirmés ont contracté l’hépatite E (HEV RTD+). 64 d’entre eux ont été hospitalisés, 11 sont décédés, parmi lesquels quatre femmes enceintes.

L’hépatite E est transmissible d’une personne à l’autre, principalement via de l’eau contaminée et dans les zones où l’accès à de l’eau propre est limité. « MSF demande aux autres acteurs humanitaires et de développement présents au Tchad d’augmenter et accélérer leurs efforts afin d’assurer une réponse efficace face à l’épidémie d’hépatite E à Am Timan » déclare Rolland Kaya, chef de mission MSF au Tchad. « Des acteurs supplémentaires sont nécessaires pour introduire des actions préventives, comprenant notamment l’assainissement de l’eau. D’autant plus que les cas n’augmentent pas seulement dans la ville d’Am Timan, mais  à travers la région de Salamat »

Après l’identification des premiers cas d’hépatite E il y a cinq mois, MSF a appelé, à plusieurs reprises, d’autres organisations afin de répondre collectivement à cette urgence.

Jusqu’à présent, les quelques actions entreprises par d’autres acteurs ont été beaucoup trop modestes en termes de quantité, qualité et délais. Une intervention plus consistante est absolument nécessaire, particulièrement dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Si les autres agences et le gouvernement Tchadien n’augmentent pas immédiatement leurs activités, MSF ne pourra à elle seule contenir la propagation de l’épidémie.

Plus de 600 membres du personnel MSF ont travaillé pour tester les nouveaux cas, soigner les patients à l’hôpital d’Am Timan, et améliorer l’alimentation en eau et l’assainissement dans la ville d’Am Timan.

La chloration de l’eau est une partie importante de la réaction urgente afin de prévenir les foyers d’épidémie ou les maladies dues à l’eau, telle que l’hépatite E. Par conséquent, MSF a lancé une campagne de chloration à grande échelle des 72 points d’eau dans la ville d’Am Timan et de ses châteaux d’eau. Par ailleurs, le personnel MSF donne des sessions d’éducation expliquant l’importance du lavage régulier des mains avec du savon, et l’utilisation d’eau chlorée aux points d’eau désignés.

 

MSF travaille au Tchad depuis 1981. Avant l’actuelle épidémie d’hépatite E, MSF a géré des programmes médicaux réguliers à Am Timan et à Moissala. L’année dernière, MSF a lancé une réponse nutritionnelle urgente à Bokoro où, en partenariat avec le ministère de la Santé, MSF a géré 15 polycliniques mobiles et un centre de nourriture thérapeutique à l’hôpital de Bokoro afin de soigner les enfants malnutris. MSF a également lancé une réponse urgente en mars 2015 dans la région du lac Tchad pour les personnes déplacées suites aux violences de Boko Haram. Les équipes basées à Baga Sola et à Vol continuent de procurer de l’aide aux personnes aux alentours du lac Tchad.

Crédits: Abdoulaye Barry/MSF